18 November 2018

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Face à Uber, les taxis estiment que leur « survie est en jeu »

File illustration picture showing the logo of car-sharing service app Uber on a smartphone next to the picture of an official German taxi sign in Frankfurt, September 15, 2014. A Frankfurt court earlier this month instituted a temporary injunction against Uber from offering car-sharing services across Germany. San Francisco-based Uber, which allows users to summon taxi-like services on their smartphones, offers two main services, Uber, its classic low-cost, limousine pick-up service, and Uberpop, a newer ride-sharing service, which connects private drivers to passengers - an established practice in Germany that nonetheless operates in a legal grey area of rules governing commercial transportation. REUTERS/Kai Pfaffenbach/Files (GERMANY - Tags: BUSINESS EMPLOYMENT CRIME LAW TRANSPORT)

« Taxi en grève ». Jeudi 25 juin, sur la place Denfert-Rochereau, à Paris (14e), les chauffeurs de taxi mobilisés portaient tous le même brassard jaune. Un brassard symbolisant le « ras-le-bol » d’une profession qui se sent menacée par un concurrent qu’elle considère comme un « clandestin déloyal » : Uber.

Depuis quelques mois, le service de transport avec chauffeur (VTC) s’est engagé dans un bras de fer avec l’Etat autour de son application mobile UberPop, qui met en relation des passagers et des conducteurs particuliers.

Pour que soit interdite l’application, une quarantaine de chauffeurs a bloqué les différentes artères permettant d’accéder à la place Denfert-Rochereau. « UberPop est en train de casser le marché et de voler notre métier. Nous sommes au bord du gouffre, c’est notre survie qui est en jeu », lance un chauffeur adossé à son taxi.

Comme lui, Maamar, chauffeur de taxi indépendant depuis deux ans, craint pour son avenir : « J’ai acheté ma licence 235 000 euros, j’ai pris un crédit sur dix ans pour ça. Depuis qu’Uber est arrivé, mon chiffre d’affaires coule. Je regrette d’être entré dans ce métier », confie l’ancien conseiller de vente.

Lire aussi : Taxis contre Uber : où sont les chiffres ?

« Cela nous a forcés à nous moderniser »

Là est l’un des principaux griefs des taxis à l’encontre d’UberPop : comme le service n’est pas composé de chauffeurs professionnels, il n’est pas soumis à la règle des licences, indispensables à tout chauffeur de taxi pour rouler en règle. Ces derniers considèrent donc la concurrence d’UberPop comme déloyale.

« Ils font du racolage alors que c’est interdit, souligne Amar. Il y a deux semaines, je me suis battu avec un chauffeur devant le parc floral de Vincennes. Il y avait beaucoup de monde, les taxis étaient pris d’assaut, donc les VTC récupéraient les clients. Mais ils n’ont pas le droit de faire ça ! »

Autour des voitures immobilisées, un passant engage la discussion avec un taxi. « Si les gens sont en colère contre vous, c’est peut-être parce qu’il y a un problème, non ? », suggère-t-il poliment. Immédiatement, le chauffeur s’empresse de défendre la qualité du service qu’il rend à ses clients. « Nous sommes 17 700 à Paris. Il y a peut-être une cinquantaine de chauffeurs qui font mal leur travail », relativise un autre.

Pour mettre des images sur ces mots, quelques-uns de ses collègues invitent à visiter leur taxi G7. Les voitures sont propres, munies d’un dispositif de carte bancaire et mettent à la disposition des clients des bouteilles d’eau, des confiseries et des dépliants touristiques. « La seule chose positive avec l’arrivée d’Uber est que cela nous a forcés à nous moderniser », reconnaît un chauffeur.

« Nous reviendrons demain »

Si l’ambiance place Denfert-Rochereau était plutôt calme, à l’autre bout de Paris, les choses ont dégénéré. Dans le 16e arrondissement, alors que des centaines de taxis bloquaient la porte Maillot, des incidents sont venus perturber la manifestation. Deux voitures ont notamment été retournées.

Plus tard dans la matinée, plusieurs individus sont entrés en conflit avec les CRS présents sur place. « Il faut les encercler ! », a-t-on entendu parmi la petite troupe qui s’était formée autour de la ligne de policiers tenant en main des bombes lacrymogènes.

Quelques minutes plus tard, la petite foule s’écartait, la gorge prise et les mains sur les yeux. « Cela fait plusieurs fois depuis ce matin, affirme un manifestant. Mais nous resterons là jusqu’à ce soir et nous reviendrons demain. »

  • Morgane Le Cam

 

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